entretien avec antoine héron des innov’acteurs

Entretien avec Antoine Héron des Innov’acteurs

Antoine Héron des Innov'acteurs participait à une conférence sur l'innovation dans le cadre du festival I'NOV de Mérignac

Antoine Héron, de l’association « Innov’acteurs » est intervenu comme conférencier à l’occasion du festival I’NOV 2007. Nous en avons profité pour lui poser quelques questions.

TRANSTECH : Antoine, parle-nous un peu de ton parcours professionnel.

Antoine HÉRON : Je suis ingénieur des arts et métiers mais je me suis vite centré dans les entreprises sur la place de hommes : leur potentiel, leur rôle, leurs conditions de travail. J’ai toujours considéré que si le taylorisme a apporté du progrès en matière d’efficacité, il a négligé tout à fait la capacité des salariés des entreprises à participer à la conception de l’organisation et à l’amélioration des techniques mises en œuvre.

TRANSTECH : Parle-nous de ton expérience chez Renault.

Antoine HÉRON : Arrivé chez Renault en 1980, j’ai été chargé en 1990 de relancer la démarche de « suggestions du personnel », de façon à ce que l’ensemble du personnel apporte ses idées à l’amélioration du fonctionnement de l’entreprise. Notre PDG de l’époque, M. LÉVY disait: « je ne veux pas qu’il y ait 5 000 ingénieurs qui pensent et 70 000 qui exécutent; je veux une entreprise où les 75 000 employés pensent et travaillent au succès de Renault… ». Dès lors, je me suis mis à promouvoir dans l’entreprise les capacités d’initiative et de créativité de l’ensemble du personnel du groupe et, chaque année, M. Lévy, puis M. SCHWEITZER, dans une cérémonie solennelle, félicitaient les membres du personnel qui avaient apporté dans l’année une contribution remarquable au progrès de l’entreprise. C’est ainsi qu’ensemble, année après année, nous avons découvert « la puissance des idées simples venant du terrain »:

De l’expérience du terrain à l’innovation participative

Antoine HÉRON : Nous étions, année après année, témoins de très nombreuses idées qui ne seraient jamais venues à l’esprit des experts car il fallait être sur le terrain pour voir le problème, il fallait être sur le terrain pour imaginer une solution si simple; il fallait être sur le terrain pour oser mettre en place une solution radicalement différente par rapport à tout ce qui se fait normalement dans le métier… C’est ainsi que s’est révélée pour nous la « puissance » de l’innovation participative.

TRANSTECH : Comment as-tu connu le festival I’NOV et notre association ?

Antoine HÉRON : C’est mon ami Pascal JARRY qui m’a fait découvrir Transtech. Il m’avait envoyé un livre sur la formation à une méthode de stimulation de l’innovation (la méthode ASIT, dérivée de TRIZ). Nous sommes vite entrés en confiance et il m’a signalé l’existence du premier salon de l’innovation de Mérignac. Au début, cela m’a intrigué car j’avais la vision que dans la région, on était peu ouvert à l’innovation. Je me suis donc rendu à ce salon avec beaucoup de curiosité… et je n’ai pas été déçu ! Il m’a fallu réviser profondément mes vues sur l’innovation dans le Sud-Ouest !

TRANSTECH : Qu’est-ce que tu retiens de cette édition d’I’NOV ?

Antoine HÉRON : Ce que je retiens de l’édition 2007, c’est d’abord que c’était un « festival » : il s’agit de nous réjouir ensemble des idées nouvelles. C’est la fête des idées, non seulement pour les inventeurs, mais pour toute la population et en premier lieu, les jeunes. J’ai beaucoup apprécié son caractère international, avec des associations d’inventeurs venant des quatre coins du monde. L’idée de rassembler à la fois des idées techniques et des idées de la vie quotidienne et notamment des arts de la table m’a paru une excellente idée car la cuisine est un champ considérable ouvert à l’innovation : nous le découvrons tous les jours et de même que des innovations majeures sont issues d’erreurs heureuses, des recettes très célèbres sont le résultat d’erreurs dans les dosages ou les temps de cuisson !

TRANSTECH : En 2007, nous avons essayé de mettre en avant des inventions écologiques.

Antoine HÉRON : Je pense qu’il est bon d’orienter de telles manifestations sur des thèmes liés au défi du développement durable qui pose tant de questions aujourd’hui, avec ses trois volets :

- comment réduire le gaspillage des ressources ?

- comment réduire notre « empreinte écologique » ?

- comment réduire des « fractures sociales » qui ne cessent de s’accroître ? L’innovation sociale existe et elle mériterait sans doute d’être davantage montrée…

TRANSTECH : Et pour conclure ?

Antoine HÉRON : En tout cas, bravo pour votre magnifique dynamique qui met l’innovation à l’honneur et transforme Mérignac pendant quelques jours en centre international de l’innovation.

Laisser un commentaire